Il arrive parfois que notre esprit ressemble à une pièce où plusieurs conversations se dérouleraient en même temps.
Les pensées se succèdent sans interruption.
Les questions appellent d’autres questions.
Les inquiétudes se mêlent aux souvenirs.
Les scénarios du futur s’ajoutent aux expériences du passé.
Et au milieu de ce tumulte intérieur, nous aspirons simplement à retrouver un peu de paix.
Le mental est un outil précieux. Il nous permet de réfléchir, d’apprendre, d’organiser et de prendre des décisions. Mais lorsqu’il prend toute la place, il peut devenir source de fatigue, de confusion et de souffrance.
Beaucoup de personnes vivent avec un dialogue intérieur permanent.
Elles analysent tout.
Repassent certaines situations encore et encore.
Cherchent des réponses à des questions qui n’en ont parfois pas.
Tentent de contrôler ce qui échappe pourtant à leur maîtrise.
Peu à peu, cette agitation mentale devient une habitude.
Nous croyons alors que penser davantage nous permettra de trouver la solution.
Pourtant, certaines réponses n’apparaissent pas dans le bruit. Elles émergent dans le calme.
Il existe une différence entre réfléchir et ruminer.
Réfléchir permet d’avancer.
Ruminer nous maintient souvent sur place.
Le mental aime revisiter le passé pour comprendre ce qui aurait pu être différent. Il aime également explorer l’avenir pour tenter d’anticiper tous les risques possibles.
Mais pendant qu’il voyage entre hier et demain, il nous éloigne parfois du seul endroit où la vie se déroule réellement : l’instant présent.
Retrouver la paix intérieure ne signifie pas faire taire complètement ses pensées. Cela signifie apprendre à ne plus être dirigé par elles.
Observer une pensée sans s’y accrocher.
Accueillir une inquiétude sans lui donner tout notre pouvoir.
Reconnaître une peur sans lui permettre de conduire notre vie.
Lorsque nous cessons de lutter contre notre mental, quelque chose commence à s’apaiser. Nous découvrons qu’il existe en nous un espace plus vaste que nos pensées. Un espace de présence, de conscience et de calme.
Cet espace a toujours été là. Il est simplement masqué lorsque l’agitation devient trop importante.
Dans mon activité d’accompagnement, je rencontre souvent des personnes épuisées par leurs propres réflexions. Elles cherchent à comprendre, à résoudre, à prévoir. Et parfois, le premier pas vers le mieux-être consiste justement à déposer ce besoin permanent de contrôle.
À respirer.
À ralentir.
À revenir à ce qui est là, maintenant.
La paix intérieure n’est pas quelque chose que l’on obtient lorsque tous les problèmes sont résolus. Elle naît souvent au moment où nous cessons de vouloir tout maîtriser.
Lorsque nous acceptons de faire confiance à la vie tout en restant pleinement présents à ce que nous vivons.
Le calme n’est pas l’absence de mouvement.
C’est la capacité à demeurer centré même lorsque les vagues traversent notre existence.
Et lorsque nous retrouvons ce centre, le mental cesse progressivement d’être un maître exigeant pour redevenir ce qu’il a toujours été destiné à être : un simple outil au service de notre chemin.
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Photo en-tête et pieds : "Souffle de douceur" © Corinne Brossier
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