Revenir à son centre et retrouver sa juste place
Au cours de notre vie, nous jouons de nombreux rôles.
Nous sommes parent, enfant, conjoint, ami, collègue, aidant ou accompagnant.
Nous répondons à des responsabilités.
Nous faisons face à des attentes.
Nous cherchons parfois à satisfaire les besoins de ceux que nous aimons.
Peu à peu, sans même nous en rendre compte, nous pouvons nous éloigner de nous-mêmes.
À force de répondre aux sollicitations extérieures, nous oublions parfois d’écouter ce qui se passe à l’intérieur.
Nous savons ce que les autres attendent de nous.Mais nous ne savons plus toujours ce dont nous avons réellement besoin.
C’est souvent dans les périodes de fatigue, de confusion ou de remise en question que cette réalité devient visible. Quelque chose semble ne plus être à sa place.
Un sentiment diffus de décalage apparaît. Comme si nous avancions dans une direction qui n’était plus totalement la nôtre.
Revenir à son centre, c’est d’abord ralentir suffisamment pour s’entendre à nouveau. C’est créer un espace où le bruit du monde extérieur cesse momentanément de couvrir la voix plus discrète de notre être profond.
Cette voix ne crie pas. Elle ne cherche pas à imposer. Elle se manifeste souvent à travers une intuition, un ressenti, un élan ou parfois un inconfort persistant lorsque nous nous éloignons de ce qui est juste pour nous.
Retrouver sa juste place ne signifie pas se placer au-dessus des autres.
Cela ne signifie pas non plus s’effacer constamment.
La juste place se situe entre ces deux extrêmes. C’est un espace d’équilibre où nous pouvons être pleinement nous-mêmes tout en respectant les besoins et les limites de chacun.
Lorsque nous ne sommes pas à notre place, plusieurs signes peuvent apparaître.
Nous nous sentons constamment obligés de prouver quelque chose.
Nous cherchons en permanence l’approbation extérieure.
Nous portons des responsabilités qui ne nous appartiennent pas.
Ou au contraire, nous n’osons pas prendre la place qui nous revient naturellement.
Dans les deux cas, l’énergie se disperse.
L’équilibre devient fragile.
À l’inverse, lorsque nous retrouvons notre centre, une forme de simplicité apparaît.
Les décisions deviennent plus claires.
Les relations se rééquilibrent.
Nous ressentons moins le besoin de convaincre ou de nous justifier.
Nous savons davantage ce qui nous nourrit et ce qui nous éloigne de nous-mêmes.
Dans mon activité d’accompagnement, je constate souvent que de nombreuses difficultés s’apaisent lorsque la personne retrouve son axe intérieur.
Non parce que les problèmes disparaissent soudainement.
Mais parce qu’elle cesse progressivement de se définir à travers le regard des autres.
Elle retrouve un point d’appui plus stable.
Un espace intérieur qui demeure présent même lorsque les circonstances changent.
Revenir à son centre est un chemin.
Il ne s’agit pas d’atteindre un état parfait ou permanent.
Il s’agit plutôt de développer la capacité à revenir régulièrement vers soi lorsque l’on s’est éloigné.
Comme un arbre qui reste profondément enraciné malgré les vents qui traversent ses branches.
Plus nous sommes reliés à notre centre, moins les événements extérieurs ont le pouvoir de nous déstabiliser durablement.
Nous découvrons alors qu’il existe en nous un lieu de calme, de stabilité et de vérité auquel nous pouvons toujours revenir.
Et c’est souvent à partir de cet espace que nous trouvons naturellement notre juste place dans le monde.
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© Corinne Brossier
Photo en-tête et pied "Pause libre", création personnelle
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